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The Afternoon Herald

Une couverture d'un sérieux absolu de choses qui n'ont probablement pas eu lieu, par les temps qui courent

Édition de l'après-midi
Une
Satire · Culture

La troupe de Saint-Plume-sur-Onde joue devant une salle vide et attend ses caméras pour saluer

La mairie a repris les chaises pliantes avant le lever de rideau, la troupe tenant son salut jusqu'à ce que les caméras soient démontées.

Édition de l'après-midi

Les Tréteaux du Presbytère ont présenté jeudi soir leur pièce annuelle, une comédie en trois actes sur un facteur qui se trompe de lettres, devant une salle municipale entièrement vide, à l'exception de quatre caméras sur trépieds et d'une équipe technique de six bénévoles.

La société, qui répète depuis janvier dans la grange des Halles, a pris la décision à son assemblée générale de mars. Le débat a duré quarante minutes.

« Nous avons fait nos calculs », a expliqué le président de la troupe, M. Gérard Fontanel, régleur de clôtures à la retraite. « Une soirée au village nous donne toujours les mêmes visages, et ils rentrent dormir avant le troisième acte. La même soirée filmée nous donne des spectateurs qu'on n'a jamais rencontrés, et qui regardent la pièce quand ça les arrange. C'est de l'arithmétique. »

M. Fontanel a précisé que la version filmée comptait des spectateurs « de plusieurs continents », ce que la salle des fêtes, a-t-il reconnu, n'a jamais offert.

Les saluts remaniés

Le plus long chapitre de la répétition générale a porté sur le salut final. Les caméras devant être démontées après la dernière réplique, la troupe a appris à ses acteurs à rester courbés, le bras tendu vers les objectifs, pendant que l'équipe technique pliait les pieds et enroulait les câbles.

« Au premier essai, tout le monde s'est relevé trop tôt et on a perdu des images de fin de soirée », a raconté la metteuse en scène, Mme Odile Vasseur, qui tient aussi le rôle de la concierge. « Maintenant, on tient jusqu'à ce que la lumière du fond soit rangée. C'est une question de discipline. »

Mme Vasseur a décrit la nouvelle posture comme « plus gratifiante que l'ancienne », parce qu'un public en chair « bouge, tousse et finit par rentrer chez lui », alors que l'objectif d'une caméra « ne quitte jamais des yeux ».

La mairie s'adapte

La municipalité, qui prête habituellement les chaises pliantes de la salle, a demandé cette année à les récupérer avant la représentation, pour une remise des prix de pétanque le même soir. La troupe a salué la coïncidence comme un gain de place.

« Une salle vide, c'est une salle facile à balayer », a noté l'adjoint à la culture, M. Lucien Brissot. « Et puis nos habitants regardent la pièce chez eux, dans le fauteuil, avec un chocolat. Je ne vois pas ce qu'on leur refuse. »

M. Brissot a indiqué que la commune envisageait de faire filmer le prochain conseil municipal, pour les mêmes raisons, mais pas encore de vider la salle.