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Satire · Économie

Un salon de l’emploi supprime les offres d’emploi au profit de refus filmés

Les organisateurs prévoient d’inviter des candidats supplémentaires exprès pour être recalés, et une session d’automne est d’ores et déjà confirmée.

Édition de l'après-midi

Le salon annuel de l’emploi de Malcombe-les-Brévanne a annoncé la suppression de toutes ses offres d’emploi, jugées moins performantes que les refus de candidature enregistrés en vidéo. Les employeurs présents cette année seront installés derrière des tables spécialement aménagées pour le refus face caméra.

Mme Geneviève Roussard, directrice du salon, a présenté la décision lors d’une conférence de presse. « Un emploi, ça intéresse une personne », a-t-elle déclaré. « Un refus, ça intéresse tout le monde. Nous avons simplement aligné notre offre sur la demande. »

Le nouveau format

Les candidats s’inscrivent en ligne et choisissent un créneau de refus. Sur place, un employeur leur annonce qu’ils ne correspondent pas au profil recherché, sous trois angles de caméra. Chaque refus est joué en plusieurs prises, jusqu’à l’émotion escomptée. Les séquences sont ensuite diffusées sur les chaînes du salon, accompagnées d’un résumé des compétences du candidat « pour donner du contexte à la déception », selon le règlement intérieur.

Les employeurs, auparavant tenus de proposer au moins un poste, sont désormais invités sur la seule base de leur capacité à refuser avec présence. Un recruteur spécialisé dans les postes non pourvus a été recruté, puis refusé, puis reconduit pour l’an prochain.

« Le marché du travail est dur », a expliqué M. Bertrand Canut, responsable des partenariats. « Notre ambition, c’est que chacun reparte avec quelque chose. Un emploi, c’est rare. Une vidéo de soi en larmes devant un stand de granulats, c’est pour la vie. »

Les réactions

La mairie de Malcombe-les-Brévanne, qui subventionne l’événement, a demandé que soit maintenu un espace discret, sans caméra, où les visiteurs pourront déposer des curriculum vitae. L’espace existe : il se trouve dans les toilettes du gymnase, et personne n’a encore déposé de curriculum.

Une ancienne visiteuse, venue deux années de suite, a témoigné devant la presse locale. « L’an dernier, j’ai été refusée par une fromagerie et un cabinet d’architecture, a-t-elle dit. Cette année, je vise plus haut. Il paraît qu’une banque refuse très bien, avec une formule de condoléances à la fin. Elle est déjà complète jusqu’en mars. »

Le salon a confirmé que la session d’automne serait consacrée aux refus de candidatures spontanées, un format dont la demande dépasse, selon Mme Roussard, « tout ce qu’on avait imaginé au départ, y compris par nous ».