Une société de débats villageoise supprime ses débats, qui n'intéressaient personne
Le Cercle dialectique de Pluvignac-sur-Ondelle maintiendra toutefois ses réunions, désormais consacrées aux disputes sur l'ordre de passage des orateurs.

Le Cercle dialectique de Pluvignac-sur-Ondelle a décidé, au terme d'une soirée entière consacrée à la recevabilité de la décision elle-même, de suspendre indéfiniment l'ensemble de ses motions. La suspension est entrée en vigueur après que la présidente, Mme Berthe Cavaillon, eut constaté que les questions inscrites à l'ordre du jour remplissaient la salle de façon décevante, tandis que les incidents de procédure la remplissaient debout.
Le dernier débat de fond, portant sur le projet de chemin piétonnier entre la mairie et l'ancien lavoir, avait attiré onze personnes, dont deux endormies. La séance suivante, arrêtée après une demi-heure sur la question de savoir si le secrétaire avait le droit de parler, s'était tenue devant une salle comble, un rapporteur debout au fond et un attroupement sur le trottoir. Des spectateurs s'étaient installés sur les rebords de fenêtre.
Les chiffres de la salle
« Ce n'est pas que les Pluvignacois se désintéressent de la chose publique », a déclaré Mme Cavaillon. « C'est qu'ils se désintéressent de la chose publique qui se déroule normalement. Dès qu'un vote doit être rejoué, ou qu'un membre invoque l'article douze, ils accourent. »
Le trésorier, M. Aurélien Dufosset, a présenté un état des recettes. Les soirées consacrées à l'interprétation du règlement intérieur ont comblé les caisses du Cercle pour l'année à venir. Les soirées consacrées au monde extérieur ont nécessité des avances. M. Dufosset a félicité le bureau pour cette santé financière retrouvée.
Un groupe de membres avait proposé de conserver une motion par année, pour l'image. L'amendement a été rejeté après quarante minutes de discussion sur la recevabilité de l'amendement, puis applaudi par toute la salle, y compris par ses auteurs.
Ce qui reste au programme
La saison automnale du Cercle s'ouvrira avec une soirée dédiée à la question de l'âge minimal des orateurs, suivie d'une soirée sur la légitimité de la personne chargée de déterminer l'âge des orateurs. Le bilan de l'hiver portera sur la valeur des bilans, avec rappel du règlement.
Mme Cavaillon a tenu à rassurer les adhérents. « Le Cercle ne renonce à rien de ce qui fait sa réputation. Le public vient quand la parole circule, pas quand elle aboutit. Nous ne faisons que suivre notre public. »
Le Cercle a indiqué qu'il accepterait volontiers les motions extérieures, à condition qu'elles n'aboutissent à aucun vote. Les votes, a expliqué la présidente, ont tendance à clore les sujets, ce dont personne ne veut. La prochaine séance ordinaire aura pour unique objet la durée de la prochaine séance ordinaire.