Un cabinet dentaire de Fleurville-les-Bains installe une caméra pour filmer la grimace au moment où elle se fait
La direction précise que la caméra est facultative et que le refus sera simplement noté dans le dossier du patient, à titre indicatif.

Le cabinet dentaire du Docteur Marceau Bonnichon, installé sur la place des Tilleuls à Fleurville-les-Bains, a équipé ses trois fauteuils d'une caméra orientable, mise en service lundi. L'appareil, baptisé « Poste Douleur » par le praticien, filme le visage du patient pendant les soins. Les images alimentent la chaîne du cabinet, qui publiait jusqu'ici des vidéos d'explications sur le détartrage.
« Nos patients demandaient du contenu plus authentique », a déclaré le Docteur Bonnichon, qui exerce depuis vingt-deux ans dans la commune. « Une animation sur l'émail, c'est bien. Une patiente qui ferme les yeux pendant une pulpectomie, c'est de l'engagement. Notre vidéo la plus vue est celle où Monsieur Verdonc relève la tête alors qu'on lui demandait expressément de ne pas la relever. »
Le protocole est décrit dans un dépliant posé sur la table basse, entre les revues de 2019 et le distributeur de gobelets en papier. Le patient est invité à regarder l'objectif pendant l'anesthésie, à respirer de manière « visible » pendant la fraise, et à formuler, après l'intervention, une phrase de conclusion destinée à la caméra. Une liste de phrases est fournie. La première est « Je ne m'attendais pas à ça. »
Les réticences
Une patiente, venue pour une carie et repartie pour un débat, a refusé d'être filmée. Le praticien a accepté, puis a tendu la caméra à l'assistante pour qu'elle filme la patiente pendant qu'elle expliquait son refus. « C'était un beau refus, sincère, avec une lueur dans le regard », a-t-il commenté. « On ne peut pas laisser ça de côté. »
L'ordonnancier du cabinet a été redessiné pour laisser apparaître, en bas de chaque page, l'adresse de la chaîne. Une affiche dans le couloir indique que les patients publiant leur propre vidéo depuis le fauteuil bénéficient d'un verre à rincer en plastique dur, contrairement au plastique souple réservé aux autres.
La suite
Le Docteur Bonnichon annonce un format dérivé, tourné en salle d'attente : des patients y réagiront aux vidéos de leur propre soin, enregistrées une heure plus tôt. Il décrit le projet comme un dispositif qui n'existait pas et que personne ne réclamait, ce qui, dit-il, est précisément ce qu'il faut tester.
La sonnette du cabinet, jadis consacrée aux urgences, sert désormais à avertir l'équipe qu'un patient vient de grimacer de manière exploitable.